Journal communiste amiénois
Au cours du mois d’octobre 2008, chaque samedi, les quartiers de Fafet, Condorcet, Étouvie, Elbeuf et Gare-la-vallée ont vu respectivement se monter un chapiteau afin qu’une rencontre ait lieu entre les habitants et l’exécutif municipal. On y a débattu de logements et de démocratie locale. L’effort est louable et repose sur de bonnes intentions.
En effet, les citoyens se désintéressent de la politique et les partis ont de plus en plus de difficultés à servir de porte-voix à la population. Pour être efficacement au service des habitants, l’idée d’une rencontre directe, sans cérémonial, est bonne. Seulement, pour que cela soit efficace, il faudrait éviter de créer des malentendus, voire de l’incompréhension.
Les comités de quartier cherchaient à savoir ce qu’ils allaient devenir et n’obtenaient pas de réponses claires. Des habitants à Étouvie, voulaient bénéficier d’emplois (précaires) promis et n’ont rien obtenu au nom de l’égalité entre tous les quartiers d’Amiens.
Les échanges finissaient dans l’impasse.
À l’issue de ces rencontres, 4 conseils d’habitants composés de 35 membres (5 élus de la majorité, 2 de l’opposition et 28 habitants tirés au sort) vont être constitués et se réunir 5 fois par an. Ils seront
“associés” aux décisions concernant leur secteur. Tout est dans le mot “associés”. Un habitant, lors d’une rencontre sous chapiteau, faisait la remarque suivante :
“Le tirage au sort est une bonne idée pour faire participer des gens qui ne croient plus en la politique mais les élus qui seront au sein des conseils d’habitants ne devront pas peser, influer sur les décisions. Ils devront au contraire écouter et animer le débat. Il en va de la vie de la démocratie dans ce conseil...”.
En effet, les conseils d’habitants risquent de devenir les simples courroies de transmission du conseil municipal. Alors que le but est, inversement, de permettre aux habitants de s’exprimer, de donner des idées, voire de modifier les projets des élus. Enfin le seul recours au tirage au sort n’aboutirait-il pas à ce que les associations, les syndicats, les partis et généralement ceux qui se consacrent le plus à la vie de la ville soient écartés des conseils d’habitants ?
On obtiendrait alors l’inverse du but recherché au départ...