Journal communiste amiénois
La culture est de plus en plus soumise à la marchandisation. Ce qui compte, ce n’est pas de comprendre et d’admirer une œuvre pour elle-même et mais bien qu’elle attire un maximum de monde. En Italie, on n’a pas hésité à nommer un ancien gérant de Mac Donald à la direction d’un musée. Son travail se limite à gérer l’établissement afin d’augmenter les flux touristiques.
Le 28 mai dernier, Amiens Métropole a décidé de suivre malheureusement cette voie en signant une convention afin que la Caisse d’épargne accueille dans ses locaux l’exposition consacrée au caricaturiste amiénois Gédéon Baril. On pourrait nous répliquer que le musée étant fermé pour cause de travaux, on n’avait pas le choix, cependant la municipalité dispose de lieux publics dans la ville, non ?
La mairie agit de sorte que les fonds privés remplacent de plus en plus des subventions qu’elles devraient accorder pour assumer pleinement le rôle de mécène qui lui est normalement dévolu.
Le mécénat relève d’un don désintéressé. Or, à la lecture de la convention, il apparaît que la Caisse d’épargne a réussi une opération de communication avec un certain profit, en effet :
- Le musée met son savoir-faire au service de cette banque et de ses clients
- le musée installe les œuvres à ses frais dans ses locaux.
- Le musée s’engage à valoriser l’image de la Caisse d’Epargne.
Nous nous retrouvons plutôt dans le cadre d’une opération de valorisation publicitaire. La Caisse d’Epargne (qui appartient à Natixis) a eu de grosses pertes financières l’an dernier, 751 millions d’euros. Elle a besoin de redorer son blason. Elle a donc créé une fondation pour rendre les oeuvres plus accessibles. C’est une sorte d’alibi pour faire la promotion de son image.
C’est en même temps une publicité qui ne coûte pas cher. Qui paie l’assurance des oeuvres ? Le musée ! Qui est responsable si une oeuvre est abîmée ? Le musée. Ce n’est donc pas réellement 20 000 euros que la Caisse d’Epargne va donner au musée mais bien moins que cela.
Un vrai mécénat, c’est l’inverse. C’est tout de même le musée qui a l’autorité scientifique, ses décisions ne doivent pas dépendre d’un partenaire privé. Les élus d’Amiens avaient voté une semaine avant un texte s’opposant à la mainmise des entreprises privées sur l’université et là Amiens-Métropole fait exactement l’inverse. Nous donnons prise à une banque sur le musée.
L’équipe de l’Aube Nouvelle s’inquiète du fait que la mairie favorise la marchandisation de la culture. Elle augmente les tarifs des visites qu’elles soient individuelles ou scolaires. Elle tend à limiter ses subventions aux compagnies théâtrales… Toujours se désengager sans même penser que la culture est un investissement social et non une simple dépense qu’il faut réduire à tout prix, c’est un pari risqué sur l’avenir.
Il est impératif de rompre avec cette logique comptable, augmenter les tarifs ne peut aboutir qu’à décourager les visites, ce qui occasionnera une baisse de la fréquentation, c’est tout l’inverse de notre programme électoral qui préconisait de faciliter l’accès à la culture.