Journal communiste amiénois
L’Islande est un des pays d’Europe à subir le plus durement la crise. Les sociaux-démocrates de l’Alliance abandonnent leurs partenaires conservateurs, complètement discrédités par la débâcle économique du pays, pour une coalition avec le parti Gauche-Verts.
Au sein de cette nouvelle coalition, c’est le parti Gauche-Verts qui a le vent en poupe car l’Alliance souffre de l’impopularité des conservateurs qui gouvernaient avec eux jusque là.
Le parti Gauche-Verts est né du refus de militants progressistes, rentrés en dissidence, de rejoindre l’Alliance qui avait pour but, au moment de sa formation en 1999, de rassembler toute la gauche dans un seul parti.
Cette création a sans doute contribué à la droitisation de l’échiquier politique islandais en laissant les mains libres aux conservateurs au moment où ils font prendre à l’Islande un tournant ultra-libéral.
Les “Gauche-Verts”, de leur côté, ont dans un premier temps réussi à conserver le socle électoral de leur ancien parti (qui représentait 15% de l’électorat avant de rejoindre l’Alliance) avant de progresser. C’est ainsi, que partant d’un score au alentours de 9% en 1999, confirmé en 2003, ils atteignent 14,3% en 2007. Soit le niveau de la gauche communisante d’avant 1999, ce qui démontre l’échec de “l’Alliance” dans sa tentative de dominer toute la gauche.
La population islandaise, traumatisée par l’effondrement de son système économique, se tourne aujourd’hui massivement vers cette nouvelle gauche de la gauche qui a eu le mérite de tenir bon, même à contre-courant, sur des questions fondamentales : socialisme, pacifisme, hostilité à l’OTAN et refus de l’adhésion à l’UE.
Il y a peu, ce parti Gauche-Verts était crédité de 28,5 % dans les sondages pour les prochaines législatives ce qui en ferait le premier parti du pays.
Comme quoi, face aux tendances opportunistes, la persévérance politique est porteuse d’avenir.