Journal communiste amiénois
Le 26 janvier dernier, nous sommes allés rendre visite à la CGT Goodyear. Pour entrer, il faut remplir un long formulaire. L’usine d’aujourd’hui correspond au donjon d’hier. Les locaux syndicaux sont relégués au sous-sol comme si l’on devait les cacher.
Entretien avec Mickaël Wamen, délégué CGT.
Comment se prépare la prochaine journée de grève ?
La zone industrielle sera bloquée à partir de 4 H du matin, à chaque rond-point. Et l’après-midi, on rejoint la manif.
Qu’en est-il du moral dans l’entreprise ?
Ça ne va pas fort chez Dunlop où les 4X8 sont appliquées. Ils perdent 2000 pneus par jour. On a retiré aux salariés la pause cigarette, les gardiens font la chasse à ceux qui prennent des pauses ou restent trop longtemps à la cantine.
À Goodyear, au contraire, il n’y a pas de résignation, on pense que la mobilisation, c’est maintenant ou jamais. Quant au chômage partiel, la direction l’utilise comme un moyen de rétorsion contre nous.
Et pour l’avenir du site ?
La CGT a demandé au Conseil Régional et à Amiens Métropole de voir si l’on peut étendre la production agraire, pour faire des pneus de tracteur. G. Demailly pense que ce n’est pas faisable. De toute façon, on ne le voit plus sur les manifs, pas comme avant les élections municipales. Tandis que la Région est d’accord.
Quant au plan social, on demande à ce qu’il soit appliqué sur le groupe entier et non sur le site d’Amiens seulement. La direction veut nous isoler et préserve avant tout ceux qui ont accepté les 4X8. De toute façon elle investit ailleurs en Pologne, en Allemagne et en Slovénie. Elle envisage même d’aller jusqu’en Russie. Goodyear veut nous faire passer du groupe France au groupe Europe pour nous mettre en concurrence avec les autres sites.
Quelles sont les conditions de travail dans l’entreprise ?
Il y a 4 Banbury (des malaxeurs). C’est super sale. Les gars ressortent de là tout noirs de carbone à cause des mélanges chimiques. Ils sont obligés de remonter toutes les 2 heures. Ils travaillent dans les sous-sols, dans le noir à cause des fumées. Cela attaque les poumons. On soupçonne fortement les huiles aromatiques d’être cancérigènes. Une étude a été lancée depuis 3 mois là-dessus. Chez Dunlop, ils ne respirent pas autant les fumées car l’usine a eu plus d’investissements qu’à Goodyear.