Journal communiste amiénois
N. Sarkozy justifie cette fusion par la mise en place d’un guichet unique censé épargner aux chômeurs d’interminables allers-retours entre les Assedic et l’ANPE. Mais il sait bien que si ces deux agences existaient, c’était pour assurer des missions bien distinctes. Un agent des Assedic ne peut pas du jour au lendemain devenir un spécialiste dans la recherche d’emploi et inversement.
Cette fusion vise, en réalité, à réduire le budget pour l’emploi et à casser les statuts des salariés de ces deux agences.
Vu la crise actuelle, elle est d’autant plus malvenue. La Somme avait un taux de chômage de 9.5% au quatrième trimestre 2008, nul doute que ces chiffres vont être dépassés lorsque les prochains seront publiés. Au niveau national, on comptait déjà 79 000 chômeurs de plus en février soit une hausse de 3.5% par rapport au mois précédent et 19% par rapport à 2008. L’afflux massif de demandeurs d’emploi nécessite, pour le pôle emploi, 3000 embauches selon les syndicats, et l’État n’en a effectué que 1800, ce qui entraîne des retards croissants dans le traitement des dossiers. On en compte déjà 70 000 en souffrance.
Cela énerve naturellement les chômeurs qui ne sont pas indemnisés. Et comme les cinq jours de formation consentis par le gouvernement ne sont pas suffisants, les malheureux agents de ce nouveau pôle emploi ne peuvent généralement pas répondre. Ils subissent des agressions verbales et s’en prennent plein la tête... Leur stress est de plus en plus aigu et, selon la CGT, on compte déjà, sur le territoire national, cinq suicides. Une blague circule d’ailleurs parmi les agents de l’ANPE de St Leu : ‘’depuis la fusion, c’est la confusion, et bientôt, nous serons sous perfusion.’’
Pourtant cette situation n’est pas drôle. Espérons que nous pourrons annoncer, un jour, une amélioration car cette « réforme » se fait encore une fois sur le dos des agents et des plus précaires...