Journal communiste amiénois
Les attaques visant l’organisation et la viabilité des services publics se sont amplifiées depuis l’élection de N. Sarkozy à la présidence de la République. Avec toute sa hargne, il veut mettre fin à tout secteur échappant à l’espace marchand. Il se fait ainsi le promoteur zélé de l’idéologie ultra-libérale. Il applique mécaniquement, sans aucune réflexion, les recettes données par l’AGCS (Accord général sur le commerce des services) prônant privatisations et concurrence à tout-va.
Seulement le système s’essouffle. L’industrie automobile ne parvient plus à vendre sa production. Elle ne peut plus entraîner l’économie comme elle le faisait jusque là. Les banques ne prêtent plus rien. Les projets s’arrêtent faute d’investissements. L’État devient le seul recours. On parle même de nationaliser des entreprises bancaires en faillite. Nationaliser, le terme tabou ! Les ultra-libéraux ne savent plus où donner de la tête. Jusqu’au déclenchement de la crise, ils répétaient sans cesse : “L’État, voilà le problème !”.
Maintenant c’est devenu une bouée de sauvetage et on le sollicite sans vergogne.
Le plan de relance de N. Sarkozy ouvre toutes grandes les portes du trésor public et prête des sommes colossales sans imposer aucun contrôle aux agents financiers. C’est pourquoi des spéculateurs succombent encore à leur dépendance au jeu boursier : ils utilisent l’argent public pour faire encore plus d’argent au lieu de l’investir dans la production, seul moyen de créer des emplois et des richesses.
Qui va payer les effets de la crise ? Surtout pas ceux qui en sont les responsables mais plutôt ceux qui travaillent et produisent. Ils vont la payer par leurs impôts puis par le chômage qui va les frapper. C’est une injustice inacceptable. Nos collectivités territoriales, majoritairement à gauche, pourraient être des pôles de résistance.
Elles pourraient inventer des politiques alternatives et proposer des contre-exemples. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui. Elles continuent à donner d’énormes subventions aux entreprises privées sans contrôle. Elles n’ont pas la volonté de reprendre à leur compte la gestion directe de leurs services mais au contraire de les confier à des sociétés privées.
Et elles pensent en plus faire de la bonne gestion, bien sage... Elles ne font que suivre les idées dominantes sans comprendre que ces dernières sont responsables de la crise actuelle. Décevant.