Journal communiste amiénois
LE MAINTIEN D’ UN HÔPITAL AU NORD D’AMIENS EST UNE NÉCESSITÉ.
“Au niveau du reste de l’université, tout ce qui est formation lettres, sciences humaines, sciences, droit, éco et tout ça, tout peut être regroupé au centre-ville depuis le pôle cathédrale, le pôle scientifique, la citadelle. Mais comme je l’ai dit, il faut continuer […] Il ne suffit pas que les étudiants étudient en ville, il faut qu’ils puissent s’y loger et le fait que l’hôpital nord s’en aille en grande partie, cela permet […] d’y mettre des logements étudiants par exemple et des logements sociaux et tout...” ces phrases ont été prononcées par Gilles Demailly le 6 mars 2008, au café Bapaume, pendant la campagne électorale. Le problème n’est pas le transfert des étudiants du campus de Salouel vers la citadelle (quoique… disent certains) mais plutôt le sort que l’on réserve à l’hôpital nord.
Nous sommes opposés à la disparition de l’hôpital nord car le regroupement des deux grands hôpitaux d’Amiens aboutira à la suppression de lits. On appelle cela “rationaliser” c’est-à-dire que l’État veut faire des économies en supprimant du personnel.
Cependant, supprimer l’hôpital nord équivaut à priver 30 000 personnes de soins de qualité à proximité de chez eux. Et comme par hasard, ce sont les habitants des quartiers populaires du nord d’Amiens qui perdent ce droit à se soigner correctement non loin de leur domicile.
Ainsi, le 4 septembre 2008, Aurélie M. est prise de douleur à la poitrine. Elle a du mal à respirer. Elle appelle son mari à l’aide qui l’emmène tout de suite à l’hôpital nord situé près de chez elle. Diagnostic : infarctus. Si elle avait dû se rendre au CHU sud, un temps précieux aurait été perdu dans le trajet lui-même et dans les embouteillages du début de la matinée...
Que serait-il alors advenue d’Aurélie ?
D’autre part la zone nord a sur son site des entreprises susceptibles de provoquer des accidents industrielles, ce n’est donc pas un luxe que d’avoir une structure de soins d’urgence à côté.
Nous demandons le gel du “transfert” de l’hôpital nord. Nous demandons à ce que les collectivités territoriales comme Amiens-Métropole fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour contrecarrer un projet néfaste à de nombreux habitants. Et surtout il ne faudrait pas qu’elles se servent de ce plan pour se saisir de terrains afin de poursuivre d’autres objectifs. Il en va de l’intérêt collectif.
Or les choix semblent déjà faits : on laisse l’hôpital nord disparaître, sans faire de vagues, et on installerait à la place des logements. Où est la concertation avec les habitants ? Avec le personnel ?
Les collectivités de gauche seraient pourtant très utiles pour défendre les intérêts des habitants. Elles pourraient les aider à mettre l’État devant ses responsabilités.
N. Sarkozy prétend que l’hôpital public ne souffre pas de manque de moyens mais de désorganisation. Or, c’est bien lui qui a décidé, avec sa majorité UMP, de ne plus financer le fonctionnement normal des établissements publics. Pour N. Sarkozy, le privé, rien que le privé… et seuls les riches seront bien soignés.
Enfin, on sait très bien que sans le public, le privé ne peut pas bien fonctionner. L’hôpital apporte au personnel soignant une formation de qualité au meilleur coût. C’est tout l’avenir de la médecine que N. Sarkozy remet en cause aujourd’hui en étouffant économiquement l’existence de l’hôpital public. Inspirons-nous des habitants de Carhaix et sauvons l’hôpital nord.